Colloque UOH en ligne
Accédez aux vidéos des interventions du premier colloque international UOH.
Les 3 et 4 décembre 2009 l'Université ouverte des humanités (UOH) a organisé son premier colloque international à Strasbourg.
Ce colloque a favorisé des échanges sur le développement de l’université numérique dans les pratiques et usages pédagogiques des enseignants-chercheurs des disciplines des lettres, langues, arts, sciences de l’homme et des sociétés.
Programme et vidéos
Source des vidéos : canalc2.tv, Colloques et Conférences (http://www.canalc2.tv/)
Ouverture politique et scientifique
Accueil du président de l’université de Strasbourg, Alain Beretz
Intervention de Jean-Yves Capul, sous-directeur TICE
Présentation de l’UOH par son directeur, Bernard Michon
La pluridisciplinarité dans le domaine des Humanités, voire au-delà ?
Président de séance : Yves Lehmann, professeur des universités, université de Strasbourg
Modélisation mathématique en sciences humaines et sociales. Apport des nouvelles technologies : côté enseignant
Mohamed El Methni, maître de conférences, université Pierre-Mendès-France – Grenoble 2
Résumé
En quoi et comment les nouvelles technologies peuvent aider un enseignant à construire un cours de modélisation mathématique pour les sciences humaines et sociales (SHS) ? L’approche mathématique de certaines problématiques spécifiques aux SHS est réputée, non sans raison, difficile. À titre d’exemple, les problématiques de communication, de groupes sociaux, d’organisation, d’apprentissage et bien d’autres encore se modélisent par la théorie des graphes. L’objet de cette communication est de montrer, à partir de quelques exemples :
- comment un enseignant peut amener ses étudiants à saisir les notions essentielles de la théorie des graphes et leur utilisation pratique sans avoir recours à la formalisation mathématique et ceci sans rien oter à la rigueur mathématique ;
- comment un étudiant peut prendre en main un environnement TICE pour modéliser un problème et réaliser des simulations ;
- comment l’environnement peut aider à une réflexion générale sur la modélisation mathématique de situations propres à certaines disciplines de SHS.
Après une présentation de quelques situations typiques faisant appel aux graphes, je présente un environnement d’apprentissage avec ses principales fonctionnalités : interactivité, visualisation, dynamique, anticipation, simulation, base de données algorithmiques, etc.
En guise de conclusion, je présente les limites du travail réalisé et quelques idées d’extension faisant appel à des collaborations avec d’autres partenaires.
L’écosystème des savoirs : un outil multimédia pour la transmission des savoirs en musique
Christiane Weissenbacher, maître de conférences, université de Strasbourg
Résumé
Le titre de mon intervention, « L’écosystème des savoirs », est un hommage à Teddy Goldsmith, décédé le 21 août dernier : à cette occasion, France-Culture diffusa une interview dans laquelle ce pionnier de l’écologie affirmait que la pluridisciplinarité est elle-même une offense à l’unité fondamentale puisqu’elle implique la préexistence de différentes disciplines à fédérer ; que c’est ce quadrillage disciplinaire fier de son étanchéité qui menace l’humanité ; et que seule une approche unitaire du vivant peut éloigner cette menace...
La musicologie (ma spécialité) n’échappe pas à cette compartimentation cartésienne du savoir, et, malgré de louables efforts de rapprochement entre art et science, cultive, elle aussi, ce type de connaissance spécialisée, objective et quantifiable, où la musique a tant à perdre et l’étudiant si peu à gagner. Le paradigme écologique devient alors tentant, puisqu’il permet d’envisager une musicologie qui soit à la musique ce que l’écologie est au monde du vivant : subjective, émotionnelle, qualitative et unificatrice.
Dans l’approche rigoureuse et méticuleuse (université oblige !) du grand « tout », des « parties » sont néanmoins nécessaires. Je les ai trouvées, côté musique, dans ces unités consacrées que sont les « œuvres » ; et, côté musicologie, dans un format original inspiré des « Palettes » d’Alain Jaubert : approche de l’œuvre selon l’angle qui m’en révèle un maximum de sens, compte-rendu confié à l’image et au son plutôt qu’à l’encre et au papier...
Grâce à ses ressources institutionnelles (université « ouverte ») et techniques (université « numérique »), l’UOH me semble idéalement placée pour gérer cet outil « holistique » : centralisation de données issues de nombreux horizons disciplinaires, formels et géographiques ; union multimédia du « couple impossible » musique-musicologie ; et diffusion internet permettant tous les retours et donc tous les progrès...
L’hétérogénéité des niveaux et la nécessité d’une différenciation des parcours d’apprentissage
Président de séance : Geneviève Salvan, maître de conférences, université de Nice Sophia-Antipolis
Variété didactique et différenciation pédagogique au sein des cours issus de l’UOH
Séraphin Alava, professeur des universités, université Toulouse 2 – Le Mirail
Résumé
L’hétérogénéité des apprenants est particulièrement forte en parcours licence. Venant d’univers scolaires différents, ayant des habitus culturels non homogènes, maîtrisant plus ou moins les cours en ligne, les étudiants sont, la plupart du temps, bien incapables de se repérer dans les cours ouverts en ligne. L’expérience des auteurs et l’industrialisation de la formation ont résolu ce problème par la notion d’ouverture des parcours en formation ouverte et à distance. Que peut-on dire des cours aujourd’hui ouverts dans les universités françaises et, notamment, sur l’Université ouverte des humanités ? À partir d’une étude conduite par les étudiants du master des sciences de l’éducation sur la place de l’apprenant dans les dispositifs de formation en ligne, je présenterai :
- la typologie des « différences » et des parcours d’apprentissages des apprenants ;
- les solutions envisagées par la recherche et par les pratiques de FOAD ;
- les parcours construits au sein des cours de l’UOH pour prendre en compte cette hétérogénéité.
Mais penser la ressource comme seul espace d’une différenciation pédagogique est une erreur et je montrerai, à partir des cours en ligne réalisés, comment l’intégration des grandes leçons et des essentiels dans des scénarios de formation ouvre des possibilités d’ouvrir nos formations en prenant en compte cette hétérogénéité. L’articulation entre une médiatisation des ressources et des processus d’enseignement, d’une part, et la médiatisation des processus d’apprentissage, d'autre part, passe par la réflexion nécessaire sur les choix pédagogiques qui organisent la dynamique de production et de diffusion.
Il ne suffit pas d’avoir un joli ensemble de grains pédagogiques (ressources) pour que le collier soit agréable à porter. Nous aborderons donc, en nous appuyant sur des exemples concrets, la question de l’ingénierie pédagogique au sein des processus de production de cours en ligne.
L’enjeu des technologies éducatives s’articule donc entre une production de plus en plus interactive et de qualité et un artisanat pédagogique et personnel de l’enseignant. Comment les Universités thématiques ou numériques prennent en compte cela ? Nous tenterons de donner des orientations d’actions issues des travaux de recherches conduits en sciences de l’éducation à Toulouse.
L’informatique n’est-elle pas aussi une science humaine ?
Michel Legault, maître de conférences, université Rennes 2 – Haute-Bretagne
Résumé
La mise en perspective de l'objet informatique dans une formation visant à délivrer le Certificat Informatique et Internet (C2i) à des étudiants d'une université de lettres, sciences humaines et sociales nous amène à une réflexion sur la profonde imbrication, dans les apprentissages, de l'informatique et de ses usages. Cette réflexion est sous-jacente à l'abandon du terme informatique, dans les milieux académiques, au profit de celui de technologie de l'information et de la communication. Et quoi de plus « sciences humaines et sociales » que l'information et la communication ?
Nous illustrerons, dans cet article, la manière d'insérer, dans la formation au C2i, l'aspect multiforme de l'informatique, en partant des usages, aspect qui a été très bien anticipé lors de l'écriture du référentiel du C2i.
Pour assurer une formation pertinente, il nous a fallu d'abord explorer le niveau de pratique antérieur des étudiants arrivant à l'université, pratique non académique pour une grande partie, et à partir de cette pratique, plutôt ludique, comprendre les invariants qu'il est possible de réinvestir dans une pratique professionnelle. Cette observation doit être permanente pour utiliser au mieux cette acculturation de plus en plus intense des jeunes générations avec le monde de l'informatique.
Nous montrerons que la multimodalité est un aspect essentiel à mettre en œuvre dans une formation dont l'un des objets est l'Internet. Tout au long de l'année, les outils proposés sont diversifiés : plateforme d'enseignement à distance (Moodle), Google Apps, cours filmés sur la Web TV de l'université : l'aire d'U, permettant ainsi une mixité des publics avec une approche commune. En intégrant la formation au C2i dans le plan d'aide à la réussite en licence, l'université Rennes-2 montre combien la maîtrise des outils informatiques est essentielle à des étudiants de lettres et sciences humaines. Le succès de cette formation montre aussi combien est nécessaire la création d'un C2i niveau 2 SHS.
Réflexion sur les scenarii et matériaux d’une Grande Leçon
Président de séance : Nicole Dubois, professeur des universités, université de Nancy, vice-présidente du conseil scientifique de l’UOH
Langage pictural et scénarisation de ressources numériques pour la pédagogie des arts plastiques
Sophie Lavaud-Forest, attachée temporaire d’enseignement et de recherche, université Jean-Monnet – Saint-Étienne
Résumé
L’intervention débutera par la présentation du projet « Matrice Active » qui consiste à développer un modèle générique d’outil numérique interactif portant sur l’étude du langage d’un peintre.
Il s’agira ensuite de proposer une démonstration du premier prototype réalisé dans le cadre de ce projet. Il s’agit d’un outil d’analyse destiné à redécouvrir le travail pictural de Wassily Kandinsky et ses théories sur la peinture.
À partir de ce premier prototype, il s’agit de proposer une réflexion sur la scénarisation d’une Grande Leçon destinée à des étudiants de licence en arts plastiques qui permettra d’introduire ou réintroduire des fondamentaux sur Kandinsky.
En conclusion, nous poserons la question de l’élargissement de la scénarisation propre à cette Grande Leçon sur le langage pictural de Kandinsky à d’autres peintres ou mouvements artistiques, voire à d’autres disciplines que la peinture : la littérature, les sciences physiques et chimiques, la biologie...
Auteurs : droits et devoirs
Président de séance : Martine Benoit, maître de conférences, université Charles-de-Gaulle Lille-3
De l’exception pédagogique au piratage
Gérald Delabre, directeur adjoint du Centre Droit et Nouvelles Technologies, chargé d’enseignement, université Lyon-3
Résumé
L’activité législative en matière de droit d’auteur connaît depuis quelques temps une activité intense et médiatique. Ce fut d’abord la loi n° 2006-961 du 1er août 2006 relative au droit d'auteur et aux droits voisins dans la société de l'information, dite loi DADVSI, laquelle consacre un chapitre complet aux exceptions au droit d’auteur, et dont l’entrée en vigueur a eu lieu le 1er janvier 2009 malgré l’absence du décret d’application. Plus récemment, l’activité parlementaire s’est ému du rejet du projet de loi « Hadopi », Création et Internet.
L’ensemble de ces textes concerne au premier chef la communauté universitaire, qui, dans le cadre de ses activités de recherche et d’enseignement, exerce une activité d’auteur, voire d’artiste-interprète. Les enseignants et les chercheurs s’interrogent sur les limites qu’ils peuvent imposer et qu’ils doivent respecter quant à la diffusion et à l’utilisation de leurs travaux et supports pédagogiques.
Pour cela, la législation a mis en place un régime juridique allant du droit de citation à l’exception pédagogique. Toutefois, les conditions de mise en œuvre de ces prérogatives doivent être bien maitrisées par l’enseignant-chercheur, pour ne pas devenir un « pirate ».
La rémunération des activités de E-Learning
Yann Berghaud, responsable du service universitaire d’Enseignement en Ligne, ingénieur d’études, université Lyon-3
Résumé
La recherche d’un modèle de rémunération pour les activités d’E-Learning participe à la valorisation du travail des enseignants. Sans une prise en compte de cette activité, il est assez illusoire d’espérer que les enseignants produisent massivement des ressources à destination des étudiants. Cette nécessité avait déjà été soulignée dans le rapport d’Henri Isaac. Toutefois, dans cette perspective, encore est-il nécessaire de déterminer ce qui doit être rémunéré : un diaporama, à condition qu’il présente un enrichissement de l’enseignement, un plan de cours, cela nous paraît difficile à envisager,... Il est impératif, dans un premier temps, de déterminer ce qui devrait être rémunéré sous la forme d’un descriptif précis des ressources.
Il existe aujourd’hui des modèles de rémunération à commencer par les conventions de cession de droits d’auteur. Toutefois, ce dispositif est limité par son champ d’intervention ; en effet, il nécessite une gestion administrative lourde (détermination de l’objet du contrat, rédaction des contrats, gestion des contrats...), ce qui interdit toute généralisation de ce mode de valorisation. Des dispositifs de primes ou de dispenses existent, néanmoins, ils demeurent limités par leur montant et son bénéfice interdit bien souvent à l’enseignant de dispenser des enseignements au-delà des limites de son service. La loi LRU prévoit la possibilité pour le directeur d’établissement de fixer les charges de service des enseignants-chercheurs. Cette possibilité permet une prise en compte de l’activité d’E-Learning des enseignants, toutefois comment l’imputer : quelle activité de l’enseignant se retrouvera réduite, l’enseignement ou la recherche ?
Retour d’expériences
Président de séance : Marta Segarra, professeur des universités, université de Barcelone, Espagne
L’université numérique : une opportunité pour les études sur le genre
Annie Junter, université Rennes-2 – Haute-Bretagne
Résumé
La communication se fonde sur le projet de création d’un diplôme numérique interuniversitaire et interdisciplinaire en études sur le genre au sein de l’université européenne de Bretagne. Le diplôme en cours de production est organisé autour de six modules de 20 h qui seront accessibles en ligne, accompagné d’une académie d’été dont le déroulement annuel favorisera la rencontre entre les apprenants-es et les formateurs-trices. Le projet, validé et financé par le campus numérique de Bretagne pour la période 2008-2010, s’adressera dans une première phase d’exploitation à un public de la formation professionnelle continue qui pourra s’y connecter à partir d’un ensemble de points étude répartis sur le territoire régional, avant d’être intégré dans une seconde phase à l’offre de formation en master professionnel disponible au sein de l’UEB.
Au-delà de la présentation de cette expérience inédite, d’un retour sur son déroulement et ses contenus, la présente communication aura pour objet de mettre en évidence les opportunités qu’offre l’université numérique pour le développement des formations et des études sur le genre. Devenu un champ incontournable pour les sciences humaines et sociales, les études sur le genre sont en voie d’institutionnalisation dans l’univers scientifique anglophone et plus récemment dans le cadre de la francophonie. En France, l’espace de la formation initiale et continue sur le sujet se structure lentement autour d’une constellation de pratiques plus ou moins silencieuses et plus ou moins dispersées dans des cursus universitaires. L’enjeu de cette formation numérique est de l’inscrire dans un processus universitaire diplômant ouvert à la formation tout au long de la vie. L’université numérique est aussi une opportunité de diffusion des résultats de la recherche sur le genre, qui s’est considérablement développée ces vingt dernières années, auprès des professionnel-les, des élus-es, des territoires, des organisations, des militants-es qui sont engagés dans des politiques d’égalité et de lutte contre les discriminations. C’est également une opportunité pour réduire la fracture numérique entre les femmes et les hommes selon leur niveau de vie, leur classe sociale, leur lieu de résidence, leurs responsabilités familiales... en favorisant l’accessibilité au savoir par l’usage des technologies de l’information et de la communication. L’université numérique est enfin une opportunité pour mettre en commun les savoirs académiques, professionnels et profanes et renouveler les approches épistémologiques et didactiques sur le genre et leurs modes d’apprentissage et d’évaluation.
Les ressources numériques labellisées : une étape vers une nouvelle pédagogie pour les sciences humaines ?
Éric Raufaste, professeur des universités, président du conseil scientifique de l’UOH, université Toulouse-2 – Le Mirail
Résumé
Dans le passé, les ressources pédagogiques prenaient soit la forme de cours en présentiel (CM ou TD), non reproductibles en dehors de la présence de l'enseignant, soit la forme d'ouvrages à caractère didactique, le plus souvent une présentation théorique, éventuellement agrémentée d'exercices. L'avènement des TICE bouleverse complètement la donne à plusieurs égards : d'une part une offre pléthorique de contenus gratuits devient accessible à tout un chacun (ouvrages numérisés mis en libre-service sur internet, encyclopédies en ligne, sites web des particuliers...) ; D'autre part, les institutions officielles, gouvernementales, mettent progressivement à disposition des ressources, considérablement plus rares, mais présentant l'avantage d'être labellisées. Nous présenterons, à travers une ressource particulière développée pour l'enseignement des statistiques et de la psychométrie en L1, quelques exemples d'apports dont on peut penser qu'ils seront plus difficiles à mettre en œuvre dans le cadre d'un développement « libre ». Cette ressource n'exclut pas la collaboration avec l'industrie libre mais au contraire s'appuie sur elle. Reste la question fondamentale de la valeur et de la signification de la labellisation par l'institution.
Positionnement des ressources UOH au sein des établissements supérieurs
Président de séance : Michel Kaplan, professeur des universités, université Panthéon-Sorbonne – Paris-1
Des ressources pérennes pour l’enseignement et la recherche : la production de bases de données
Michel Tarpin, professeur des universités, ancien président du conseil scientifique de l’UOH, université Pierre-Mendès-France – Grenoble 2
Résumé
Bien avant la naissance des UNT et le développement des ENT, l'idée d'utiliser un internet en fort développement pour créer des outils d'enseignement et de recherche a permis de nombreux essais, dont certains ont pris avec le temps une forme durable, tandis que d'autres connaissaient des sorts divers. C'est d'ailleurs le propre du web d'être quelque chose de mouvant, peu hiérarchisé, sans cesse contestable et réinventé. Au cours du temps, on a vu de nouveaux développements technologiques investir aussi le champ de l'internet scientifique, sans pour autant détrôner toujours des sites sommaires ou archaïques, que leur contenu suffisait à rendre utile voire indispensable.
La plupart des projets institutionnels ont pris pour point de départ les outils, plus que les fonctions. Le goût de l'outil, le besoin de quantitatif, et j'ajouterais même la fascination de la vidéo, bien connue des psychologues de l'enfance, ont interféré avec une question simple : qu'est-ce qu'une ressource pédagogique et scientifique – deux notions indissociables dans le monde universitaire -, à quoi et à qui doit elle servir. La conception d'un outil utile vient évidemment de l'usage ; et à l'usage l'universitaire en vient tout simplement à constater que ce qu'il garde dans sa barre de favori, ce sont les catalogues de bibliothèques, les bibliothèques virtuelles, les portails de revues en ligne et les bases de données liées à sa discipline. Dans bien des cas ce sont des outils simples. Mon objectif est de présenter ici quelques bases de données essentielles des disciplines que je pratique, afin de rappeler qu'elles présentent de nombreux avantages sur des ressources de substitution de l'enseignement, en particulier leur modularité, et qu'elles peuvent jouer un rôle de premier plan même quand elles représentent des étapes passées de la technologie.
Vers des usages efficaces des ressources telles celles de l'UOH dans nos institutions : pistes pédagogiques, technologiques et institutionnelles
Marianne Poumay, professeur des universités, directrice du LabSET, université de Liège, Belgique
Résumé
Une vidéo, un texte, une présentation powerpoint ou un quizz sont autant de supports à l'apprentissage pour nos étudiants. L'usage de ces « objets », quelle que soit leur origine mais à plus forte raison lorsque ces objets sont externes, nécessite cependant une réflexion institutionnelle, technique et pédagogique si nous voulons qu'ils participent efficacement à l'apprentissage de nos étudiants.
Au niveau institutionnel, les enseignants doivent se sentir soutenus dans leurs efforts d'amélioration de leurs enseignements et des formations/accompagnements doivent exister pour ceux qui souhaitent améliorer leur pratique. Au niveau technique, des outils doivent être choisis et promus de façon à ne pas imposer à chaque enseignant une comparaison des formules existantes. Poser des choix et en informer les enseignants tout en leur laissant une grande flexibilité dans l’adoption d’outils alternatifs faciliteront l’extension de l’usage des objets. Au niveau pédagogique, les objets externes doivent être intégrés dans des parcours (des cours en ligne ou des successions d'activités) au même titre que les objets conçus par les enseignants eux-mêmes : des consignes claires renseigneront l'étudiant sur ce qu'il est supposé faire de ces objets (simplement les parcourir ? Ou soumettre une production en rapport avec ces objets? De quel type ? En groupe ou de façon individuelle?...), les activités correspondant aux objectifs du cours ou à la carte des compétences à développer pour le cours en question.
Quel que soit le niveau auquel on se place, l’information aux enseignants est cruciale. En effet, s’ils ne connaissent pas l’existant, les enseignants auront bien du mal à modifier leurs pratiques pour faire place à cet existant. Il nous faut relayer les choix institutionnels, informer sur les outils et les bases d’objets existantes et illustrer leurs usages les plus efficaces. Le défi est essentiellement d’ordre pédagogique car utiliser de tels objets suppose un enseignant ouvert à la remise en question, un cours bien articulé, actif et dynamique, et souvent des trajectoires partiellement individualisées ainsi que des composants en ligne. L’évolution de nos pratiques est en cours, le métier d’enseignant se transforme, il revient à nos institutions de soutenir ces transformations.
Réflexion pour une évolution stratégique de l’UOH – Clôture
Président de séance : Jean-Yves Trépos, professeur des universités, université Paul-Verlaine – Metz
Bernard Michon, professeur des universités, directeur de l’UOH, université de Strasbourg
Philippe Dedieu, directeur des TICE, ingénieur de recherche, université Toulouse 2 – Le Mirail
Christophe Porlier, responsable du service commun Audiovisuel et Multimédia, ingénieur de recherche, École Normale Supérieure Lettres et Sciences Humaines
